Rencontre avec Christine, Propriétaire du clos Réaud de la Citadelle au cœur de Blaye

Avec cette nouvelle rubrique, nous avons choisi de mettre à l’honneur celles et ceux qui font vivre les maisons d’hôtes avec passion, créativité et authenticité. À travers cette série de portraits, nous partons à la rencontre de propriétaires inspirants qui réinventent l’accueil et le tourisme à leur manière. Aujourd’hui, direction Blaye pour découvrir l’histoire de Christine et Stéphane installés depuis 2023 après une vie dense qui les a menés jusqu’en Australie.

Quand nous l’appelons, Chritine sort tout juste d’un week-end particulièrement animé : vingt cyclistes logés à la maison pour le marathon de Blaye. « Je confirme que les cyclistes contribuent activement à l’économie locale du vin », plaisante-t-elle dans un éclat de rire. Le ton est donné.

Derrière cette maison nichée entre les vignes et l’estuaire, il y a surtout une reconversion de vie assez spectaculaire : quitter Sydney pour ouvrir des chambres d’hôtes dans le Blayais.

Quand Christine et son mari récupèrent les clés de la maison en avril 2023, ils débarquent tout droit d’Australie. Avant cela ? Marketing, publicité, commercial, photographie… mais certainement pas hôtellerie. « Nous n’avions jamais fait ça avant », raconte-t-elle.

Le projet naît moins d’une ambition business que d’une envie de vie différente. Ils cherchent avant tout une maison où ils se sentent bien. Les chambres d’hôtes viendront ensuite. « Nous n’achetions pas un business en premier. Nous cherchions en priorité une expérience de vie. » Le couple explore la France pendant plusieurs semaines, entre Loire, La Rochelle et le sud du pays. Puis arrive cette visite, presque par hasard, sur la route. La maison les cueille immédiatement.

« On est arrivés par les vignes, avec la vue sur l’estuaire… On se croyait dans une comédie romantique américaine avec George Clooney. »

La propriété en plein cœur de Blaye cochait toutes les cases. Déjà exploitée comme maison d‘hôtes par les anciens propriétaires, elle avait le mérite d’être opérationnelle de suite. Aujourd’hui elle accueille cinq chambres d’hôtes et deux gîtes dans un cadre enchanteur et préservé.

Une clientèle internationale et fidèle

Ouverts principalement du printemps jusqu’en automne le clos Réaud de la Citadelle accueille une clientèle internationale, itinérante et épicurienne. Avec ses cinq chambres et ses deux gîtes, la propriété peut accueillir environ 20 personnes.

Près de 45 % des visiteurs viennent de l’étranger. Beaucoup traversent l’Europe du Nord vers l’Espagne ou le Portugal et s’arrêtent à Blaye pour une ou deux nuits. Belges, Allemands, Irlandais… les “migrations estivales”, comme les appelle Christine. Autre grande catégorie : les cyclistes.

« Nous avons environ 15 % de clientèle vélo, des séjours courts mais en qui se font souvent en groupe, donc intéressants pour nous ».

Le couple travaille avec plusieurs agences spécialisées dans les circuits cyclotouristes. Une clientèle souvent curieuse, conviviale et très attachée à l’expérience humaine. Et puis il y a les couples venus de Bordeaux, Paris ou La Rochelle pour déconnecter quelques jours au milieu des vignes. Ici, on vient rarement par hasard. Et souvent… on revient.

Si environ 35% des réservations se font par Booking, 65% proviennent du site, une répartition qui s’explique par plusieurs éléments : une clientèle fidèle qui revient d’année en année et passe en direct, un site bien référencé et des partenariats noué avec des apporteurs d’affaires comme les agences de cyclotourisme par exemple.

Les plaisirs du bien recevoir

Quand on lui demande ce qu’elle préfère dans ce métier, Christine répond sans hésiter :

« Le petit-déjeuner. » Dans la maison, une grande table rassemble tout le monde. Les propriétaires restent avec leurs hôtes, discutent, initient des conversations, créent des ponts entre les voyageurs. C’est à la fois informel, chaleureux et souvent surprenant avec des profils très divers.

« Les gens repartent contents. Et ils reviennent avec le frère, la sœur, les amis… »

Le couple avait aussi à cœur de proposer des prestations qualitatives, un juste équilibre entre standards hôteliers (10 salles de bain pour 10 chambres, piscine, linge de qualité, décoration soignée), et un accueil personnalisé avec de vrais temps de partage et d’écoute : le raffinement d’un boutique-hôtel, la chaleur d’un accueil sincère.

S’inscrire dans la vie locale

Christine et Stéphane ont tout de suite su qu’ils devaient s’inscrire dans la vie locale, un passage obligé pour garantir une bonne intégration mais aussi une volonté de faire rayonner la région. C’est ainsi qu’ils ont travaillé avec plusieurs producteurs locaux afin de sélectionner les vins qu’ils aiment avant de les embouteiller sous leur propre étiquette. Et visiblement, la stratégie marche.

« Lorsque nous ouvrons une bouteille de rosé autour de la piscine, les gens repartent avec une ou deux bouteilles. »

Le vin devient alors plus qu’un produit : un souvenir et une attention que les « guests » vont emporter avec eux. Un marketing émotionnel qui fonctionne bien.  De la même façon, le couple accueille en résidence des artistes locaux en leur permettant d’exposer leurs œuvres au sein du parc ou dans la propriété. Une façon de créer une dynamique locale tout en immergeant les invités dans une atmosphère culturelle ou artistique propre à la région.

Le mythe du métier “tranquille”

Ouvrir une maison d’hôtes fait rêver beaucoup de monde. Christine préfère rester honnête : le métier demande une disponibilité permanente. Le principal défi ? Les arrivées clients. « Nous n’avons jamais réussi à discipliner les visiteurs face aux horaires imposés. » Check-in prévu à 17h, panneau affiché, messages envoyés… rien n’y fait. Les voyageurs arrivent quand ils arrivent. Après avoir tenté de résister, le couple a finalement choisi la souplesse. Autre casse-tête universel : le linge et le recrutement de personnel fiable, surtout lors des coups de feu. Un métier qui a aussi ses exigences et qui demande pas mal de patience.

L’amour du contact humain avant tout

“Si vous n’aimez pas les gens, changez de métier”. Au fil de la conversation, une idée revient constamment : une maison d’hôtes ne peut pas fonctionner sans goût sincère pour l’humain. « Le nerf de la guerre, c’est qu’il faut aimer les gens presque de façon inconditionnelle. »

Chez Christine, cela se ressent dans chaque détail :

dans les dîners proposés ponctuellement autour de recettes indiennes, (Stéphane est originaire d’Inde)
dans les apéros improvisés autour de la piscine,
dans les discussions du matin
dans cette capacité à accueillir sans donner l’impression de “faire tourner une activité”

C’est sans doute ce qui fait la réussite du clos Réaud de la Citadelle qui affiche un chiffre d’affaires solide, cette volonté de transformer une reconversion un peu folle en lieu de vie chaleureux où les voyageurs se nourrissent de rencontres inédites.

www.closreaud-citadelle.com

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